Mesdames, Messieurs les Elus,
Monsieur le Président de la FNACA,
Mesdames, Messieurs les Présidents d’associations d’anciens combattants, résistants, internés et patriotes,
Mesdames, Messieurs,
Il y a 48 ans, le 19 mars 1962, le cessez-le-feu était déclaré, mettant fin à 8 années de guerre en Algérie.
Guerre que l’on peut et que l’on doit appeler par son nom, puisqu’il y a 8 ans le Parlement acceptait enfin de reconnaître l’état de guerre pour cette période douloureuse de notre histoire, que l’on appelait avec une fausse pudeur « les évènements d’Afrique du Nord ».
Mais le chemin reste encore long pour que le devoir de mémoire soit pleinement accompli.
En effet, depuis 1963, l’immense majorité des anciens combattants d’Algérie et d’Afrique du Nord, réunis au sein de la FNACA, demandent que cette date du 19 mars soit officialisée pour honorer la mémoire des 30 000 jeunes Français morts au combat.
Vous le savez, la Municipalité de Montgeron s’associe pleinement à cette revendication, marquant ainsi le respect que nous devons à ceux qui ont combattu sous les couleurs du drapeau national.
Cette date est la seule qui convienne pour rendre hommage à celles et ceux qui sont tombés durant ces années de guerre.
Car si chacun peut bien sûr porter son propre jugement sur les circonstances historiques qui ont conduit à cette guerre d’Algérie, comme cela peut d’ailleurs être le cas sur chacune des guerres, nul n’a le droit de dénier à ceux qui ont servi le drapeau la reconnaissance de la Nation.
Ils ont, vous avez fait votre devoir, sans préjudice de vos propres convictions.
En revanche, je m’élève en faux contre la décision tout à fait inappropriée de Monsieur Hubert FALCO, Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, d’inscrire, sur commande du Président de la République, au Mémorial National de la Guerre d’Algérie, situé au quai Branly à Paris, les noms des victimes civiles tués le 26 mars 1962 lors de la tragédie de la rue d’Isly à Alger.
A ce même propos, je vous rappelle qu’un autre Secrétaire d’Etat, Monsieur Hamlaoui MEKACHERA, visiblement mieux inspiré, ou peut-être devrais-je dire mieux conseillé que Monsieur FALCO, déclarait en 2003 à propos de la fusillade du 26 mars 1962 :
« Je suis en mesure de vous indiquer qu’il s’agissait d’une manifestation interdite, organisée à l’initiative d’un groupe, l’OAS, qui agissait hors les lois de la République, et avait fait de la violence un moyen d’action […]. »
Il serait donc scandaleux d’inclure sur le Mémorial National du quai Branly les noms de ceux qui sont morts pour l’OAS.
Ce serait une insulte pour les familles des militaires morts pour la France.
La guerre d’Algérie, ni plus sale, ni plus noble qu’une autre, aura connu comme toute guerre son cortège de souffrances, de douleurs, de misères.
Vous avez souffert, vous avez combattu, beaucoup d’entre vous avez versé votre sang sur ces terres d’Afrique du Nord. Beaucoup de vos camarades y ont même laissé leur vie.
Je considère que l’Etat français ne doit pas, au prétexte de plaire à quelques groupes de pression, bafouer votre honneur et celui de celles et ceux qui y ont laissé leur vie.
C’est pour cela que nous sommes rassemblés, pour leur rendre l’hommage qu’ils méritent et l’hommage que vous méritez.
Eux sont « morts pour la France ».
Vive la République,
Vive la France !