Vidéo-surveillance… à surveiller !

J’ai été récemment sollicité par un représentant de l’Etat pour connaître mes intentions en matière de vidéo-surveillance. Il semble en effet que pour pallier au manque cruel d’effectifs dont souffre notamment notre commissariat, le ministère de l’Intérieur souhaite que les communes multiplient les caméras. Cela me conduit à faire plusieurs observations. vidéo-surveillance

La première, c’est qu’à mon avis rien ne remplacera jamais la présence humaine. Je suis de ceux qui prônent une présence policière visible et constante sur le terrain, sous forme d’îlotage. Y compris la nuit et les week-ends. Cette police de proximité permet de nouer un lien de confiance entre forces de l’ordre et habitants. Elle permet de lutter efficacement contre la « petite délinquance », celle qui empoisonne notre vie quotidienne. Et ça, une caméra ne pourra pas le faire !

La seconde observation, c’est qu’une fois de plus on demande aux communes de prendre en charge une mission qui relève pourtant de la compétence régalienne de l’Etat. Car si les policiers et les gendarmes sont payés par l’Etat, la vidéo-surveillance est à la charge des collectivités, tant pour l’acquisition du matériel que pour son fonctionnement.

Troisième réflexion, j’ai tendance à me méfier du développement d’un mode de surveillance trop intrusif et mal maîtrisé, dont « Le meilleur des mondes » de Aldous Huxley nous a décrit les dérives possibles.

En conclusion, parce que je suis pragmatique, je n’oppose pas un veto absolu à la vidéo-surveillance. Mais je crois qu’elle doit être très contrôlée pour ne pas envahir notre espace, notre intimité. C’est pourquoi si Montgeron devait se lancer dans ce dispositif, il serait limité à quelques points névralgiques bien ciblés. Une étude est actuellement en cours afin d’étudier plus finement les différents aspects de la question.



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