De la cohérence des territoires. 24 mai
Depuis Gaston Deferre, la France s’est lancée dans une bénéfique politique de décentralisation ayant pour objectif de rapprocher les centres de décision des citoyens et du terrain. Un exemple parmi tant d’autres : les collèges sont désormais gérés par les départements car cela permet une plus grande proximité et donc une réactivité accrue.

De cette décentralisation (entre autres !) découle toute une série de « territoires », mot barbare s’il en est, qui s’entremêlent, se chevauchent, se touchent, se complètent, s’opposent, etc. Au niveau des collectivités territoriales, on trouve par ordre croissant : les communes, les agglos ou établissements publics de coopération intercommunale, les départements ou conseils généraux, les régions puis l’Etat ; mais en plus de cela on entend aussi souvent parler de circonscriptions législatives, de circonscriptions de police, de circonscriptions scolaires, d’arrondissements. j’en passe et des meilleurs !
Résultat, personne n’y comprend plus rien et, à moins d’être un expert en la matière, les citoyens ne savent plus qui fait quoi. C’est un véritable problème car à force d’être « baladé » de structure en structure, on a surtout l’impression que personne ne veut être tenu pour responsable.
Il faut impérativement engager une réforme de ces organisations territoriales afin de permettre une lisibilité accrue des politiques publiques et donc une meilleure clarté pour les citoyens. Mais ce n’est pas tout car cet enchevêtrement peut aussi avoir des répercussions négatives sur des projets locaux très importants.
Un exemple récent : le quartier de la Prairie de l’Oly est à cheval sur les communes de Montgeron et Vigneux. Les deux maires souhaitons mettre en place un programme de réussite éducative (PRE) pour les enfants de nos écoles, mais nos villes ne dépendent pas de la même circonscription scolaire ; résultat, nous devons faire cohabiter deux entités différentes au sein d'un seul et même quartier. Idem pour leur sécurité puisque nous sommes également rattachés à deux circonscriptions de police distinctes ; donc, un enfant est sous la protection d’un commissariat différent selon qu’il se trouve d’un côté ou de l’autre d’une rue. Pas simple à gérer !
Je crois très sincèrement que cette question de la mise en cohérence globale des territoires doit être réglée rapidement si l’on ne veut pas que cette belle idée qu’est la décentralisation ne se transforme davantage en fardeau plutôt qu’en progrès.
