L’immigration choisie, une fausse bonne idée ?

Le Conseil constitutionnel a donc validé pour l’essentiel la loi sur l’immigration dite « loi Hortefeux ». Avec toutefois quelques réserves, notamment sur les tests ADN et sur les enquêtes ethniques. De fait, le débat public a beaucoup porté sur ces deux points très symboliques. Mais étrangement, le concept d’immigration choisie instauré par la loi n’a pas suscité beaucoup de commentaires. Pourtant, il pose bien des questions.

L'Europe devant l'immigration - Plantu - Le MondeLa première concerne le fondement même de la loi, qui a l’ambition de maîtriser les flux migratoires. Alors soyons clairs : en quoi le fait de réserver le droit de venir travailler en France à des travailleurs qualifiés (notamment dans les métiers de l’informatique et de la santé) permettra-t-il d’empêcher des millions d’hommes, de femmes et d’enfants tenaillés par la faim et la misère, de tenter leur chance souvent au péril de leur vie ?

Je persiste pour ma part à penser que le seul moyen efficace de maîtriser l’immigration, c’est encore de favoriser le développement des pays d’origine, notamment par la coopération décentralisée.

Deuxième question, liée à la première : en privant les pays d’origine de leur main d’œuvre qualifiée, ne court-on pas le risque de les priver des moyens de se développer ? Et donc au final d’encourager encore et encore l’immigration de la misère ?

Troisième question : cette forme d’immigration choisie, réservée donc à des personnels qualifiés, ne risque-t-elle pas de conduire rapidement à une diminution des salaires des cadres et des techniciens dans les branches concernées ? En effet, l’arrivée sur le marché du travail de travailleurs prêts à accepter des salaires inférieurs à la moyenne française, mais bien sûr très supérieurs à ce qu’ils gagneraient chez eux, créera de fait une situation de concurrence salariale.

Le problème se pose d’ores et déjà dans les pays européens qui ont fait ce choix de l’immigration choisie, notamment en Allemagne. Au final, ce concept d’immigration choisie risque bien de se révéler une « fausse bonne idée ».



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